Troisième film de Costa-Gavras couronné par deux Oscars, "Z", adapté du roman de Vassilikos sur l'assassinat du député Lambrakis, a inventé le film politique populaire. Sortie alors que la dictature des colonels sévissait en Grèce, cette coproduction franco-algérienne est aujourd'hui encore un symbole mondial de résistance, porté par l'éternelle jeunesse d'un casting exceptionnel.
Cet épisode remonte aux origines de Costa-Gavras, avant le succès de "Z" : sa jeunesse grecque et son arrivée en France, ses apprentissages de cinéaste et ses deux premiers films. Tournés avec les grandes stars françaises de l'époque, le suspense policier de "Compartiment tueurs" et la passion résistante d'"Un homme de trop" contiennent déjà tout son style où l'action mène la narration.
Cet épisode s'attache à "L'aveu", adapté des mémoires d'Artur London, victime du procès de Prague en 1952. Un an après "Z", qui dénonçait les crimes d'une dictature capitaliste, Costa-Gavras affronte ceux d'une dictature communiste. Porté par Yves Montand et Simone Signoret, ce film fut pionnier dans la critique de l'imposture stalinienne, au nom de l'idéal qu'elle trahissait.
Costa-Gavras porte ici son regard sur les dictatures latino-américaines, à travers "État de siège" (Uruguay, 1972) et "Missing" (Chili, 1982). L'un retrace l'enlèvement puis l'exécution du tortionnaire Dan Mitrione par les Tupamaros, l'autre la quête d'un père cherchant son fils disparu sous Pinochet. Tous deux révèlent l'interventionnisme brutal des États-Unis en Amérique latine.
À six ans de distance, Costa-Gavras a affronté deux mémoires blessées qui hantent encore notre présent : le sort du peuple palestinien avec "Hanna K." (1983) et le génocide des juifs d'Europe avec "Music Box" (1989). Confrontées à des vérités cachées, deux femmes en sont les héroïnes, toutes deux avocates, qui vivent l'exigence de justice comme une tragédie intime et libératrice.